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Benoît MARIAGE

Benoît MARIAGE

Blog non officiel consacré à Benoît Mariage, réalisateur et scénariste Belge.

Critiques du film : Les Rayures du Zèbre .

Critiques du film : Les Rayures du Zèbre .

Hugues Dayez 

Les rayures du zèbre :


José est agent de footballeur. Il roule sa bosse en Côte d’Ivoire pour repérer des jeunes talents du ballon rond. José est un Bruxellois hâbleur, qui couche volontiers avec Gigi, une belle Africaine qui aime avant tout le luxe qu’il lui offre… Un jour, José repère Yaya, un garçon des rues avec un potentiel de champion, et le ramène en Belgique. Yaya est-il la poule aux œufs d’or pour José ? Entre les quartiers pauvres d’Abidjan et le Sporting Club de Charleroi, le "gap" culturel est brutal… Et réserve des surprises.

"Les rayures du zèbre" s’attaque à un sujet aussi passionnant que casse-gueule : dénoncer certaines magouilles du foot, OK, mais comment ne pas tomber dans la caricature manichéiste avec des méchants colons blancs profiteurs et des gentils noirs exploités ? Heureusement, Benoît Mariage évite tous les pièges. Sans doute parce qu’avec son passé de documentariste, il a su bien s’entourer. Pour construire le personnage de José, il s’est inspiré de Serge Trimpont, ancien journaliste devenu agent de joueurs et dénicheur de talents en Afrique.

Le regard que Mariage pose sur ce business est empreint d’humour mais aussi de justesse. Dans "Les rayures du zèbre", tout le monde profite de tout le monde. Certes, José veut relancer sa propre carrière en choisissant Yaya, mais ce dernier – tout comme Gigi – voit en José un roi Midas qui peut leur apporter amour, gloire et beauté en un clin d’œil. Mariage filme le choc frontal de deux fantasmes, et c’est là que son film est intéressant. De son côté, avec un accent bruxellois bien trempé, Poelvoorde incarne une sorte de fils spirituel de Raymond Goethals, jamais avare d’un bon mot, avec une jubilation communicative…

Le seul point faible de cette comédie très réussie, c’est son affiche vulgaire, qui fait passer "Les Rayures du Zèbre" pour une vulgaire pantalonnade… Passons donc au-dessus de l’affiche, pour découvrir un film plus subtil qu’il n’y paraît.

Le Super-Zèbre de Benoît Mariage.

Le nouveau film du Namurois Benoît Mariage ne sort que début février. Mais nous l’avons déjà vu. Et beaucoup aimé.

(..............) Six ans plus tard, revoici le duo des Benoît namurois aux commandes d’une comédie sur le monde (im) pitoyable du football, Les rayures du zèbre. Et s’il ne sort que le 5 février, nous avons déjà eu l’occasion de le découvrir hier dans une salle bondée de journalistes de tous poils.

Verdict ? (.................) le film risque bien de constituer la première bonne surprise de l’année.

Premier constat, et il est d’importance: on rit beaucoup. Et ça faisait longtemps. Il faut dire que Mariage, toujours aussi précis dans ses cadrages malgré des conditions de tournage apparemment difficiles, verse cette fois clairement dans la bonne vieille comédie populaire.

Mais il a pour lui une arme de la plus grande efficacité: un Benoît Poelvoorde qui cabotine comme en ses plus beaux jours, flanqué d’une petite moustache du meilleur effet et d’une chaîne en or à faire pâlir Akhénaton (le rappeur, pas le pharaon) de jalousie. En somme le parfait attirail de l’agent de joueur, qu’il campe ici brillamment. Appelez-le José. José Stockman, manager véreux qui met la main sur ce qu’il pense être une pépite venue de Côte d’Ivoire, Yaya Koné. Et se précipite de le caser au Sporting de Charleroi.

En plus de dépeindre assez justement – quoiqu’on frise parfois la caricature, mais c’est le jeu – un milieu où tous les (mauvais) coups sont permis, Benoît Mariage pose un regard plein de tendresse sur ses personnages.

Vivement février.

 

Michaël Dedré pour l'avenir .net  (le 11 janvier 2013)

Serge Trimpont Benoît Poelvoorde, Benoît Mariage.

Serge Trimpont Benoît Poelvoorde, Benoît Mariage.

Petits arrangements avec la réalité.

 

Comédie aux accents tragiques autour du monde plutôt mafieux du football, Les Rayures du Zèbre se déroule entre la Côte d'Ivoire et ses hordes de jeunes talents prêts à tout pour l'Eldorado européen, où l'on va bien se charger de les pomper jusqu'à la moelle. Poelvoorde y est un dénicheur de talents un peu pathétique qui tente de se raconter qu'il n'est pas vieux, pas désargenté, pas amoureux d'une pute, pas foutu.... Avec délicatesse, Benoît Mariage signe une sorte de satire sociale, douce-amère, drôle et légère et offre à Benoît Poelvoorde l'un de ses plus jolis rôles, celui d'un loser arrogant et fragile.

 

Les Rayures du Zèbre s'ouvre sur une ligne jaune, celle qui départage les routes en deux, ligne en équilibre entre deux mondes, que le film va s'employer à brouiller. Dès la première scène, Mariage pose le climat de son film : enjoué, enlevé et tendre. Poelvoorde descend de l'avion dans la chaleur africaine et retrouve son chauffeur de taxi attitré. Le ton est à la taquinerie, à la blague un peu graveleuse, et le rapport entre les deux hommes est amical et complice, sans paternalisme. José-Poelvoorde est comme un poisson dans l'eau dans cette Afrique exubérante, vivante et énergique où les langues sont bien pendues et les désirs affirmés. En caméra portée, souvent serrée sur son personnage principal qu'il lâche peu, dans un montage vif qui colle à la gouaille et à l'énergie du comédien, Benoît Mariage croque à la va-vite les rapports dominés-dominants, découvrant à travers José et ses complicités amicales et amoureuses, des liens complexes, tous en demi-teintes.


Si le film flirte quelquefois, de par son efficacité narrative, avec les clichés (le merveilleux Tom Audenaert épris d'une jolie Africaine sur le point de le dépouiller, par exemple), il réussit toujours à les éviter parce que Mariage ne cède jamais à la facilité d'écraser ses personnages sous le poids de ce qu'ils incarnent, mais s'amuse à renverser nos attentes et à déjouer nos jugements. Les liens entre les personnages sont complexes, la morale aussi. José est une sorte de diable vers qui l'on se presse pour vendre son âme, mais c'est un diable en guenille, plutôt usé et désargenté, lui-même vendu à d'autres blancs lointains en costards cravates. Marc Zinga prête à Yaya, le joueur finalement découvert et embarqué à Charleroi, une dignité farouche et indomptable qui va inverser les rapports de forces avec son recruteur. Gigi (merveilleuse Tatiana Rojo), la prostituée que s'offre José à Yaoundé, est une femme magnifique au cœur amoureux qui tend aux autres le miroir de leurs illusions. Même Koon s'en sort avec son rêve d'une nouvelle virginité amoureuse, tout entaché de lâcheté. Dans les dialogues percutants et frontaux, des scènettes vives et enlevées, les rapports de forces se cessent de se démultiplier.

Derrière la violence de ces rapports objectaux généralisés, où chacun n'est pour l'autre que la possibilité d'accéder à ses rêves, le film se fait peu à peu le récit d'un cheminement vers l'acceptation de la réalité, où les ambitions scratchées en plein vol signent la fin des fausses illusions Les quêtes de chacun, d'aisances financières, de reconnaissances, et de réussites sociales, se démasquent, volent en éclat, s'écroulent, et dans les chemins complexes de la réalité, se rabattent lentement sur la profondeur des liens affectifs. Cultivant la joie des mélanges, mélange de tons et de genres, la délicatesse de Benoît Mariage est de ne jamais juger les rêves des autres, de n'en rire toujours qu'avec tendresse, et d'en suivre le chemin, respectueusement, avec une ironie douce-amère, toujours joyeuse et légère. Et finalement, la vie est peut-être plus riche et profonde, pour peu qu'on plonge dans sa complexité, que tous les buts qu'on s'impose, que toutes fictions qu'on s'invente. À la condition de rester léger.  

 

Anne Feuillère pour Cinergie.be

 

 

Critiques du film : Les Rayures du Zèbre .
Critiques du film : Les Rayures du Zèbre .

 

Critique DE CINEVOX, le cinéma vu par les Belges.

Sept choses à savoir sur les Rayures du Zèbre.

(..............) Comme vous, nous avions vu la bande-annonce et l’affiche. Mais ce ne sont que des capteurs d’attention et on sait d’expérience que le cinéma de Benoit Mariage va bien au-delà d’un premier degré comique qu’il est plus facile de vendre au public.Vendredi avait lieu la toute première projection de presse, une projection qui avait drainé toute la profession puisque la salle de l’Aventure était bourrée comme un œuf pour découvrir les pérégrinations africaines d’un recruteur spécialisé dans les joueurs de football ivoiriens.Dans la foulée, on vous propose de passer en revue quelques idées reçues et de les confronter à la nature profonde de ce quatrième long métrage de Benoit Mariage. Car Les rayures du Zèbre, est un film très différent de ce que laissent augurer la bande-annonce et l’affiche.Très différent… et beaucoup, mais alors beaucoup, plus séduisant.

 

* Les Rayures du Zèbre porte la marque ‘Benoit Mariage’.

VRAI ! C’est un pur film de Benoit Mariage qui condense tout ce qui fait le charme du réalisateur et renoue avec sa meilleure veine : le ton y est doux et amer, on oscille sans cesse entre les sourires et l’émotion, la thématique de la paternité est omniprésente, les personnages sont savoureux qu’ils soient souvent à l’écran ou simplement de passage.

Sur l’échelle du petit Mariage illustré, Les Rayures nous semble bien plus cohérent que Cow-Boy où le pathétique et le rire se mélangeaient avec moins d’harmonie et plus accessible (et donc commercial) que l’excellent Les Convoyeurs attendent dont il se rapproche néanmoins sur de nombreux points.

 

* Les Rayures du Zèbre est une comédie loufoque

FAUX ! ARCHI-FAUX  ! La bande-annonce tente de nous en persuader et pourtant, si on sourit à quelques truculences de Benoit Poelvoorde ou devant la bonhomie naïve de Tom Audenaert, le film n’est pas construit pour nous faire rire. Si vous voulez vous tordre les côtes, allez voir 9 mois ferme ou 16 ans ou presque.

Ici, le registre est plus doux, plus profond. Jamais la mécanique des scènes n’est destinée exclusivement à nous dérider les zygomatiques, la tonalité générale évoque (nous l’avons dit plus haut) le meilleur de Mariage, mais aussi (sans surprise) le cinéma de Bouli Lanners.  Le fond est très proche de Yamdam de Vivian Gofette qui a reçu le prix Cinevox au dernier FIFF namurois.

 

* Benoit Poelvoorde surjoue

FAUX ! Encore une fois, la bande-annonce peut faire penser que Benoit, avec son bedon, son anneau à l’oreille et son accent bruxellois est une atroce caricature de Brusseleer speedé. Il n’en est rien. Le personnage est truculent comme pouvait l’être Raymond Goethals, mais il est surtout sensible. Il est gouailleur, mais il est émouvant.

Avec une précision chirurgicale, l’acteur alterne les registres, les superpose dans une même scène, renoue avec la tension silencieuse qui lui vaut une nomination aux Magritte pour Une Place sur la Terre. Il ne se déchaîne que quand et uniquement quand son rôle l’exige.

Comme l’écrivait récemment Telerama, Benoit Poelvoorde est parfois un acteur difficile à contrôler sur un plateau, mais c’est avant tout un très grand comédien qui a encore beaucoup à offrir. Il le prouve ici. Sur l’écran, il est exceptionnel.

 

* Les Rayures du Zèbre n’est qu’un show Poelvoorde

FAUX ! Certes, le comédien est omniprésent, mais les acteurs qui l’entourent sont d’une justesse confondante, agissant comme des contrepoints qui font constamment basculer le jeu de Benoit.

Pour son premier grand rôle, Marc Zinga compose un personnage plutôt taciturne, en tous cas déterminé et Tom Audenaert (Hasta La Vista) est le bon naïf de service, celui qui se laisse aveugler par le charme sulfureux de l’Afrique (et des Africaines) au point d’oublier tout le reste. Tous deux emportent l’adhésion.

De l’agent slave véreux (Bess Limani) au président déchaîné en passant par les gazelles africaines, tous les seconds rôles tirent leur épingle du jeu face à ce brelan d’as. C’était une gageure. Mission accomplie.

 

* Les Rayures du Zèbre est un film sur le foot.

VRAI ! Avec son feeling de journaliste et un guide hors normes (Serge Trimpont, ex-journaliste lui aussi, aujourd’hui agent de joueur), Benoit Mariage parle ici du football bien mieux que quiconque l’avait avant lui au cinéma. Un signe qui ne trompe pas? Alors que tous les autres réalisateurs se cassent systématiquement les dents sur la manière de montrer le foot sur grand écran (3-0, Didier…), Benoit bluffe tout son monde avec une courte séquence tournée à Charleroi lors du match Sporting-Zulte, visiblement. Le footballeur campé par Marc Zinga est parfaitement intégré à l’action, on y est, on y croit.

Du président de club truculent (Renaud Rutten à nouveau parfait), aux administrateurs qui traînent en coulisses (parmi lesquels on retrouve deux comédiens vus dans Cow-Boy : Jean-Marie Barbier et Eric Larcin), Benoit Mariage évolue à la limite du hors-jeu mais ne tombe jamais dans l’invraisemblance.

Efficacité maximale, donc !

 

* Les Rayures du Zèbre n’est qu’un film sur le foot.

FAUX ! Le football est loin d’être le seul axe exploité dans le film. Comme dans tous les films de Benoit Mariage on plonge ici au cœur des relations humaines avec des thématiques récurrentes.

Le thème de la paternité est ici omniprésent, les jeux de l’amour et de la séduction sont également très bien traités.

Mais le scénariste-réalisateur se renouvelle aussi avec une formidable observation des subtilités qui régissent les rapports entre Africains et Européens. Paternalisme d’un côté, roublardise de l’autre, rêves et fantasmes qui se croisent : la palette est complète et sans lourdeur, le scénariste-réalisateur en démont(r)e la mécanique tout en soulignant qu’une relation saine et franche est néanmoins possible.

 

* Les Rayures du Zèbre peut être un gros succès public.

VRAI ! Avec un film aussi bien écrit, ciselé, rythmé, sans temps mort, ni chute d’intérêt (super travail de Philippe Bourgueil à nouveau), avec un casting épatant et un thème porteur (paradoxalement peu exploité au cinéma), Les Rayures du Zèbre a tous les atouts pour devenir le succès belge de ce début d’année.

(.......) Là, c’est à vous de jouer…

 

www.cinevox.be 

(le 13 janvier 2014)

 

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